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samedi 15 mai 2021

Covid-19 en France : la période d’isolement allongée de 7 à 10 jours pour les cas positifs

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Lors de sa dernière conférence de presse hebdomadaire, le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé de nouveaux changements concernant le délai d’isolement. Durant l’été les cas positifs devaient s’isoler pendant quatorze jours. Depuis jeudi dernier, les autorités ont décrété que toute personne testée positive au coronavirus devra rester dans son domicile pendant au moins 10 jours. Quelques semaines plutôt, cette mesure concernait seulement les individus contaminés par l’une des souches du virus. Les cas contacts doivent s’isoler pendant une période d’une semaine.

Pourquoi avoir pris cette décision ?

Les variants du Covid-19 se sont répandus très rapidement sur le territoire français. Selon les analystes, les nouvelles souches sud-africaine et britannique pourraient devenir prédominantes durant les prochaines semaines. Le variant britannique représente 37 % des cas positifs dénombrés durant la semaine dernière. C’est pour cette raison que les autorités ont commencé à s’interroger sur le délai d’isolement d’un individu contaminé par l’un de ses variants extrêmement contagieux. Olivier Véran a déclaré jeudi dernier, « Certaines études scientifiques évoquent la possibilité que les variants puissent être responsables d’une durée de contagiosité plus importante que celle du [virus] classique qui circulait jusqu’alors dans le pays ». Au début, les épidémiologistes estimaient qu’une période d’isolement d’une semaine était suffisante pour réduire grandement les risques de contagion. Le délai d’auto-isolement a été porté à 10 jours car la part des nouvelles souches est devenue très élevée. Cette mesure commencera à être appliquée lundi prochain. Les chercheurs de l’université d’Harvard ont déjà commencé des études sur le sujet. Selon les premiers résultats, les individus infectés par la souche provenant de la Grande Bretagne transmettent le virus plus longtemps que ceux qui ont été contaminés par le SRAS-CoV-2 non-B.1.1.7. Les auteurs de ses travaux ont attesté que « Le variant B.1.1.7 du SRAS-CoV-2 peut provoquer des infections plus longues avec une concentration virale maximale similaire par rapport au SRAS-CoV-2 non-B.1.1.7. Cette durée prolongée peut contribuer à l’augmentation de la transmissibilité du SARS CoV-2 ». Toutefois, ces études ne sont pas encore confirmées.

Quelles ont été les réactions suscitées par cette nouvelle mesure ?

Plusieurs médecins sont d’accord avec cette nouvelle décision. L’infectiologue François Bricaire a déclaré « C’est une bonne mesure de prudence, qui se comprend en raison de la forte augmentation de la proportion des variants parmi les cas positifs en France Cela m’ennuie toujours quand on complique les choses. Allez expliquer à un cas contact que le variant est différent pour lui ».  Le microbiologiste et membre de l’Académie de médecine Patrick Berche estime que « Cette mesure est justifiée par le fait que les personnes infectées pourraient s’avérer contagieuses plus longtemps ». L’infectiologue Benjamin Davido a salué cette nouvelle initiative sur BFMTV et RMC. Pour lui, l’allongement de la période d’isolement pour les cas positifs « est une sécurité supplémentaire car on n’a pas le temps d’avoir un diagnostic a posteriori de séquençage pour dire aux gens qu’on ne va isoler que ceux qui ont le variant, donc c’est un principe de précaution qu’on applique à tout le monde ».

Des contrôles sont-ils prévus ?

Pour que cette mesure fasse effet, il faudra que tous les individus déclarés positifs coopèrent. L’entourage du ministre de la santé a affirmé : « Cela ne peut reposer que sur une démarche individuelle ». Les personnes qui ont été contaminées par les nouvelles souches ne seront pas mises sous surveillance. Olivier Becht, député du Haut-Rhin, a déclaré « il n’y a aucune disposition législative qui impose le respect de l’isolement, c’est une situation complètement absurde alors qu’on risque 135 euros quand on sort prendre l’air pendant le couvre-feu ». Dans certains pays étrangers, les individus qui ne respectent pas la période d’isolement obligatoire doivent payer des amendes très élevées. Dans d’autres territoires, un système de surveillance très intrusif a été mis en place pour surveiller la population. Patrick Berche pense que « Compte tenu de notre culture, la seule arme dont nous disposons est la pédagogie : il faut inciter et convaincre les gens à respecter l’isolement et le bon usage des masques ». En France, des cellules territoriales d’appui à l’isolement ont été ouvertes depuis plusieurs mois pour accompagner les cas positifs. Ceux qui ressentent le besoin d’une aide à domicile peuvent faire appel à un infirmier 24 heures après avoir contacté l’Assurance Maladie. Le député Olivier Becht estime « que l’on peut faire davantage, notamment en mettant davantage de moyens pour l’accompagnement individualisé à l’isolement (apporter les médicaments, s’occuper des enfants, voire trouver une place d’hôtel, etc.) ». Ce dernier avait essayé de faire passer le montant de l’amende en cas de non-respect de l’isolement à 1500 euros. Mais le gouvernement a rejeté cette demande. Patrick Berche souligne « Les mesures barrière ne sont pas toujours bien respectées. Il semble qu’il y ait des personnes testées positives, mais asymptomatiques, qui continuent de travailler et de sortir ».

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