Deux failles critiques touchant des équipements VPN largement déployés en entreprise viennent d’être activement exploitées par des groupes cybercriminels, révèlent plusieurs éditeurs de solutions de sécurité. En cause : des passerelles d’accès distant signées Check Point et Palo Alto Networks, dont les vulnérabilités permettent d’ouvrir une session VPN sans identifiants valides. Une aubaine pour les opérateurs du rançongiciel Qilin, qui les utilisent comme porte d’entrée vers les réseaux internes des organisations visées.
Deux failles, un même mode opératoire
La première, référencée CVE-2026-50751 et notée 9,3 sur l’échelle de gravité CVSS, touche les passerelles Check Point lorsque le protocole IKEv1 reste actif : elle permet un contournement complet de l’authentification. La seconde, CVE-2026-0257, vise GlobalProtect, la brique VPN intégrée au système PAN-OS de Palo Alto Networks. Dans certaines configurations, elle autorise elle aussi l’établissement d’une connexion distante sans mot de passe.
Une fois entrés, les attaquants suivent un scénario désormais bien identifié par les chercheurs : extraction des identifiants Windows stockés sur les postes compromis, vol de la base Active Directory, puis déploiement du rançongiciel via l’outil d’administration PsExec. Une chaîne d’attaque rapide, qui laisse peu de temps aux équipes de sécurité pour réagir une fois l’intrusion détectée.
Pourquoi ces failles inquiètent particulièrement
Les VPN d’entreprise sont, par construction, des points d’accès privilégiés au cœur du système d’information : ils sont conçus pour laisser entrer des utilisateurs distants de confiance. Une fois cette barrière contournée, l’attaquant hérite d’un niveau d’accès souvent supérieur à celui obtenu via un simple hameçonnage. Les experts en cybersécurité rappellent d’ailleurs qu’une large part des violations liées aux VPN en entreprise provient moins de failles inédites que d’un défaut basique : des équipements mal configurés ou laissés sans mise à jour pendant des mois.
C’est précisément le cas ici : les deux éditeurs ont publié un correctif, mais son déploiement reste à la main de chaque entreprise cliente, souvent freinée par des contraintes de disponibilité ou de compatibilité avant d’appliquer un patch sur un équipement aussi sensible.
Les recommandations des éditeurs
- Appliquer sans délai les correctifs publiés par Check Point et Palo Alto Networks pour les équipements concernés.
- Désactiver le protocole IKEv1 lorsqu’il n’est plus nécessaire, plutôt que de le laisser actif par défaut.
- Fermer l’ensemble des sessions GlobalProtect actives afin d’invalider toute connexion frauduleuse déjà établie.
- Passer en revue les journaux de connexion VPN des dernières semaines pour repérer d’éventuelles intrusions déjà en cours.
Pour les structures qui ne disposent pas d’une équipe de sécurité dédiée, l’astuce la plus simple reste de confier à un prestataire ou à son intégrateur habituel la vérification régulière des correctifs disponibles sur ce type d’équipement, plutôt que d’attendre un signalement après coup.
Questions fréquentes
Ces failles concernent-elles aussi les VPN grand public ?
Non, les deux vulnérabilités touchent des passerelles VPN professionnelles installées par les entreprises, pas les applications VPN commerciales utilisées par les particuliers pour naviguer en ligne.
Comment savoir si mon entreprise est concernée ?
Il suffit de vérifier auprès de son service informatique ou de son prestataire si l’organisation utilise des passerelles Check Point ou des équipements PAN-OS de Palo Alto Networks, et si les correctifs disponibles ont bien été appliqués.
Que faire si une intrusion est suspectée ?
Il est recommandé de couper immédiatement les sessions VPN actives, de changer les identifiants exposés et de faire auditer les journaux de connexion par un spécialiste avant de rouvrir l’accès distant.
Pour aller plus loin
Ces alertes s’inscrivent dans un contexte plus large où la sécurisation des accès distants reste un chantier permanent pour les entreprises. Les lecteurs souhaitant approfondir le sujet peuvent consulter nos rubriques High-Tech, Informatique, Technologie, Internet, Webmastering ou encore Astuces et Conseils pour retrouver d’autres analyses et bonnes pratiques numériques.




