Une cyberattaque de grande ampleur visant le notariat français vient d’être révélée : plus de 500 études, soit près de 7 % des offices du pays, ont été compromises pendant près de deux ans, pour un préjudice estimé entre 35 et 40 millions d’euros. Pour toute personne sur le point de signer un acte authentique, l’affaire pose une question très concrète : comment s’assurer qu’un virement immobilier part bien vers le bon compte ?
Une fraude qui a visé plus de 500 études notariales
Selon les documents internes de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et du Conseil supérieur du notariat, les premières compromissions remontent à décembre 2022. Les attaquants ont infiltré les messageries de plusieurs centaines d’offices, avant de s’immiscer dans les échanges entre notaires et clients au moment charnière d’une vente. Un office sur deux n’avait jamais fait auditer son système informatique avant d’être touché, ce qui illustre un retard de maturité numérique dans une profession qui manipule pourtant des sommes considérables.
Comment les fraudeurs opèrent concrètement
La méthode est toujours la même : un poste de travail est d’abord infecté via une pièce jointe piégée, souvent envoyée depuis une adresse déjà compromise pour paraître légitime. Les pirates surveillent ensuite la correspondance jusqu’au moment du virement, puis interviennent en se faisant passer pour l’étude ou son responsable afin de faire substituer le relevé d’identité bancaire (RIB) communiqué à l’acheteur. Le virement, parfaitement conforme en apparence, part alors vers un compte contrôlé par les criminels.
Ce que cela change si vous achetez un bien
Cette affaire ne doit pas dissuader d’avancer dans un projet immobilier, mais elle impose quelques réflexes avant tout virement lié à l’achat d’un bien immobilier :
- Ne jamais valider un changement de RIB reçu par simple e-mail, même s’il semble provenir du notaire ;
- Appeler l’étude à un numéro déjà connu (pas celui indiqué dans le message suspect) pour confirmer les coordonnées bancaires ;
- Vérifier attentivement le nom de domaine de l’expéditeur, souvent imité à un caractère près ;
- Privilégier, quand l’étude le propose, une plateforme sécurisée de gestion des fonds plutôt qu’un simple échange de mails ;
- Demander à l’office s’il a fait auditer sa sécurité informatique, comme le recommande désormais l’ANSSI.
Le rôle des banques dans la chaîne de vigilance
Les établissements bancaires sont aussi concernés : plus une banque détecte tôt un virement inhabituel vers un nouveau bénéficiaire, plus les fonds ont de chances d’être bloqués avant leur transfert définitif. C’est aussi pour cela que certaines études recommandent désormais de passer par un compte séquestre dédié plutôt que par un virement direct, une précaution qui rappelle les vérifications déjà en vigueur lors d’un dépôt de capital lors de la création d’une société.
Questions fréquentes
Comment vérifier qu’un e-mail de mon notaire est authentique ?
Contrôlez précisément le nom de domaine de l’expéditeur et, en cas de doute, appelez l’étude à un numéro que vous avez trouvé vous-même (site officiel, ancien courrier), jamais celui indiqué dans le message.
Que faire si j’ai déjà effectué un virement vers un compte frauduleux ?
Contactez immédiatement votre banque pour tenter un rappel de fonds, déposez plainte sans délai et prévenez votre étude notariale, qui doit signaler l’incident aux autorités compétentes.
Les notaires sont-ils obligés de sécuriser leurs systèmes informatiques ?
Il n’existe pas encore d’obligation d’audit systématique, mais l’ANSSI et le Conseil supérieur du notariat poussent désormais les études à renforcer leurs pratiques, notamment après ces révélations.
Sources
LeMagIT, FrenchBreaches, PolitiqueMatin.
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale




